50 ans de patrimoine et de fierté

Le Festival du Voyageur fête son demi-siècle. Gabriel Forest et Lucienne Loiselle reviennent sur les origines de cette fête qui fait la fierté des Franco-Manitobains.

 

L’idée du Festival du Voyageur est née en 1967, sous l’impulsion de la Chambre de commerce de Saint-Boniface. Plusieurs citoyens dont Georges Forest, alors courtier en assurances, avaient pris les devants. Le maire de Winnipeg Edward Turner et ses conseillers s’étaient montrés favorables à ce projet, mais le maire avait suggéré d’attendre 1970, l’année du centenaire du Manitoba, pour profiter de subventions.

Lucienne Loiselle, Voyageuse officielle avec son mari Lucien Loiselle en 1977, se remémore : « Nous étions habitués à aller à un festival d’hiver qui s’organisait chaque année depuis les années 1940 à l’Université de Saint-Boniface, connue à l’époque sous le nom de Collège universitaire de Saint-Boniface. Ce festival-là avait pris fin car il n’y avait plus de jésuites ou de pensionnaires pour l’organiser.

« Alors, Georges Forest a eu une idée. Avec son épouse Anita, ils sont allés partout dans la communauté en costume d’époque. C’était leur façon d’annoncer le festival qui s’en venait. Georges Forest avait annoncé que si le festival devenait pérenne, il devait être représentatif de notre patrimoine, de notre histoire, de nos ancêtres. »

Georges et Anita Forest ont ainsi choisi de personnifier Jean-Baptiste Lagimodière et Marie-Anne Gaboury, un couple de Voyageurs venus dans l’Ouest au début du 19e siècle qui faisaient du commerce de fourrures. Ils se sont rendus jusqu’à Maskinongé, au Québec, la ville où Marie-Anne Gaboury était née. Marie-Anne Gaboury était aussi la grand-mère de Louis Riel.

Gabriel Forest, le frère de Georges Forest se souvient : « Georges et Anita sont allés là-bas, costumés, pour les inviter à venir à notre Festival. Une soixantaine de personnes sont venues par avion. Georges nous avait demandé, à mon épouse Marcelle et à moi, de nous habiller avec la ceinture fléchée et une tuque rouge pour les accueillir à l’aéroport.

« On n’était pas certains de faire la bonne chose. Le Festival n’était pas encore connu! Les gens riaient un peu de nous. C’était la première fois qu’ils voyaient des voyageurs habillés comme on était! », raconte-t-il en riant.

Cette première édition fut couronnée de succès : 55 000 personnes s’étaient déplacées et 22 organismes étaient représentés. 4 000 bénévoles ont aussi prêté main forte à l’organisation. Gigue, violons, bal du Voyageur, château de blocs de glace, bal du Gouverneur, élection de la Reine du Festival… L’ambiance était euphorique.

Depuis, certaines activités ont disparu pour laisser la place à d’autres. Gabriel Forest rêve de revoir l’une d’entre elles : « J’aimais beaucoup la course de chiens de traineaux. C’était important pour la traite des fourrures. Le coureur de bois se servait des chiens pour trouver les trappes, pour ensuite fournir la fourrure aux Voyageurs qui faisaient l’échange avec les Autochtones. »

En 50 ans, le frère de Georges Forest n’a manqué que deux Festivals. Il se souvient avec nostalgie de l’enthousiasme et de l’énergie déployés par son frère pour contribuer au rayonnement du Festival du Voyageur.

« Georges Forest était tellement fier, termine-t-il. Son épouse et ses enfants l’ont beaucoup soutenu dans la promotion du Festival du Voyageur à l’année longue. Depuis ce temps-là, il n’a cessé de grandir. Longue vie au Festival du Voyageur! »